Les innovations dans le secteur de la soie Made in France : quoi de neuf ?

Les innovations dans le secteur de la soie Made in France : quoi de neuf ?

Dans un monde où la mode et la durabilité se rencontrent de plus en plus, la soie 'Made in France' se distingue par son excellence et son respect de l'environnement. Réputée pour sa qualité supérieure et son processus de fabrication éthique, la soie française continue d'évoluer, intégrant des innovations qui non seulement préservent mais enrichissent son héritage. De Lyon, la capitale historique de la soie, aux petites manufactures disséminées à travers le pays, découvrons ensemble les nouveautés qui façonnent aujourd'hui l'industrie de la soie en France. La soie est un tissu luxueux et précieux, apprécié depuis des siècles pour sa douceur et son éclat. En France, le secteur de la soie a connu de nombreuses innovations au fil des ans pour améliorer la qualité et la durabilité des produits. Mais qu'en est-il des dernières avancées dans ce domaine ? Quoi de neuf dans le secteur de la soie Made in France ? Découvrons ensemble les dernières tendances et innovations.

Où fabrique-t-on de la soie en France ?

Lyon fut pendant des siècles la capitale européenne du tissage de la soie, et les noms de ses rues, son architecture et ses fresques témoignent de la fierté de la ville pour ses « canuts », les tisserands de soie. Prelle est la dernière manufacture familiale à perpétuer la tradition du tissage de la soie à Lyon.

Quelle ville de France est connue pour son industrie de la soie ?

La Révolution française porte un rude coup à la Fabrique, mais Napoléon soutient vigoureusement le secteur qui traverse le XIXe siècle en connaissant son apogée. Lyon est alors la capitale mondiale de la soie. Elle s'impose à toutes les autres industries soyeuses d'Europe et exporte largement dans le monde entier tous les types de tissus possibles. Sous le Second Empire, elle est la plus puissante industrie exportatrice française.

Histoire de la Fabrique Lyonnaise

La soie fut d'abord une découverte chinoise (XVIIe-XIe siècles av. J.-C.). Elle le restera jusqu'au VIe siècle, époque où des vers à soie et la technique de fabrication furent subtilisés et ramenés en Occident.

L'art de la soie a démarré en France à partir du XIVe siècle, en Provence, mais à la fin du Moyen Âge, la France s'approvisionnait encore principalement en Italie.

C'est Louis XI qui prit la décision en 1466 de produire à grande échelle en France en souhaitant le faire à Lyon aux vues de sa situation proche de l'Italie et de ses foires annuelles, mais ce n'est finalement que sous François 1e que la fabrique lyonnaise se mit en place. En 1540, Lyon obtient le monopole de l'importation en France des soies "grèges" (brutes). Dans ces années là 12 000 personnes vivent à Lyon du Tissage.

Après avoir tissé des pièces unies (satins, taffetas, velours, draps d'or et d'argent), les Lyonnais se mirent à fabriquer des façonnés et se mécanisèrent. Grâce au métier dit « à la Grande Tire », ce fut l'époque de la « Grande Fabrique » (ensemble de la corporation) du XVIIe au XVIIIe siècle, ceci grâce aux commandes royales multiples. La soie était la base de la richesse de l'économie lyonnaise : en 1788 on recense environ 15.000 métiers et 28.000 personnes au sein de la filière.

 

Au XVIIIe siècle la soierie souffre des deuils multiples survenus à la cour de Louis XIV et doit se tourner vers l'export c'est à dire toutes les cours d'Europe. De plus le retour à la nature prôné par JJ Rousseau et suivi par la Reine de France Marie-Antoinette, joints à des conditions climatiques effroyables et une pénurie des denrées alimentaires,  engendrent une crise et provoque en 1786 une émeute parmi les tisseurs lyonnais.

Le XIXe siècle est le « siècle d'or » de la Fabrique. Napoléon Ier relance l'activité grâce a une serie de commandes impériales. Le métier à tisser Jacquard fut mis au point en 1801 et permis d'améliorer la productivité. Ce métier n'a cessé d'être amélioré et il est toujours utilisé aujourd'hui mais de façon très automatisée. Se développe aussi la teinture issue de la chimie à commencer en 1840.

Les écoles se développent avec par exemple l'Ecole Municipale de Tissage qui deviendra le Lycée Technique Diderot, et au sein de l'Ecole des Beaux Arts la création de l'école de la fleur ancêtre de nos dessinateurs en soieries. En 1868, la soie représente les trois quarts de l'industrie locale, 400 entreprises et 105.000 métiers à tisser.

Les révoltes des canuts

 Au XIXe siècle, un terme nouveau apparait pour les travailleurs de la soie installés à la Croix-Rousse : le Canut c'est à dire l'ouvrier en soie (tisseur qui travaille pour le fabricant-négociant avec lequel il fixe son prix de façon). En 1831 de graves conflits surgirent au sujet de ces tarifs qui engendrèrent des manifestations dont en particulier celle du 21 novembre où les canuts se rendirent maîtres de la Croix-Rousse puis de la Presqu'Ile. Mais le 2 décembre, l'armée repris la ville.

En juillet 1833, une première grève éclata, puis une autre, générale, en février 1834. Elle fut réprimée mais donna lieu le 9 avril à 6 jours de soulèvement. La révolte fut finalement matée mais au prix de 300 morts, de nombreux blessés et 500 arrestations. Au milieu du XIXe siècle,  la soierie représentait 865 entreprises et 125.000 métiers.

L'époque Contemporaine

Le XXe siècle est l'époque des transformations avec la suprématie des métiers mécaniques (47.000 en 1933) et le développement des grandes entreprises, dont certaines subsistent encore au début du XXIe siècle : Bianchini-Férier, Bucol, Guigou, Malfroy-Million,  Prelle, Sfate & Combier, Tassinari & Chatel.

C'est aussi au cours de ce dernier siècle qu'ont été inventé des fils comme le nylon, le rilsan, l'acétate, le polyester, la viscose, jusqu'aux fibres à haute technologie: Kevlar, carbone, PVC, fibre de verre, les textiles pour la santé et la microchirurgie, la protection de l'environnement, ... qui sont une prolongation logique de notre soierie. 

La Soie Française : Qualité et Durabilité

La soie Made in France est réputée pour son excellence exceptionnelle et sa durabilité. Les fabricants français utilisent des techniques traditionnelles de tissage et de teinture pour créer des tissus de soie d'une beauté incomparable. De plus, de plus en plus d'entreprises se tournent vers des pratiques durables et respectueuses de l'environnement pour produire de la soie de manière éthique.

Quelles sont les exigences de la certification GOTS ?

La certification GOTS, qui est une certification payante, a de nombreuses exigences environnementales. Pour avoir cette étiquette GOTS « biologique », une entreprise doit attester de la composition de ses produits textiles. Ils doivent être composés de 95% de fibres biologiques. Pour avoir l’étiquette ‘composé de fibres biologiques’, ils doivent seulement être composés de 70% de fibres biologiques.Beaucoup de composants chimiques nocifs pour l’environnement et à caractère très polluants sont bien évidemment interdits, comme les produits utilisés pour les impressions, les blanchiments et les colorations. Cela pour éviter de retrouver leur présence dans les eaux et les sols, pouvant altérer à l’écosystème. De ce fait, tous les composés sont examinés afin de déterminer s’ils respectent les exigences environnementales fondamentales comme la non-toxicité et la biodégradabilité.L’utilisation d’Organismes Génétiquement Modifiés, comme le coton modifié, est formellement interdite. Les intrants dangereux comme les métaux lourds toxiques ou les solvants aromatiques sont également prohibés.Pour obtenir cette certification, tous les emballages doivent être recyclables, que ce soient les papiers, les cartons ou bien les étiquettes des produits.En plus de ses exigences environnementales, la certification GOTS en a aussi des sociales et sanitaires. Par exemple, une entreprise certifiée GOTS doit respecter de nombreux critères, comme l’abolition du travail forcé des enfants, la suffisance des salaires et la décence des horaires de travail.Elle doit aussi interdire les produits chimiques nocifs pour la santé et s’assurer de la caractéristique en termes techniques du travail et produits finis.Cette certification assure au consommateur final une garantie crédible.

Comment la certification GOTS garantit-elle la qualité et l'éco-responsabilité de la soie ?

Définition du label GOTS: comprendre cette certification de référence.

Définition de GOTS : GOTS signifie Global Organic Textile Standard. Le groupe GOTS regroupe 4 organisations spécialisées dans l‘agriculture bio et la fabrication de textile responsable d’un point de vue écologique et social. Trois de ces organisations sortent du secteur industriel OTA (USA) IVN (Allemagne) JOCA (Japon) et la dernière est une association caritative (la SOIL Association en Grande-Bretagne). Ce label est uniquement dédié aux fibres naturelles: le coton, le chanvre, la soie, la laine, le lin…etc.

GOTS est un label international qui s’applique au textile biologique comme les vêtements, les accessoires, le linge de maison, les tissus d’ameublement…etc. C’est une certification qui s’appuie sur des critères environnementaux mais aussi des critères sanitaires et sociaux tout au long de la production d’un textile. Un contrôle rigoureux s’effectue depuis la matière première jusqu’à la distribution, en passant par l’ensemble de la chaine de fabrication. Cette certification est payante et suit un cahier des charges strict, de plus pour les entreprises certifiées, le bon respect des critères GOTS est contrôlé régulièrement (1fois/an).

Les critères et exigences du label GOTS:

La certification GOTS garantit : 

  • Procédés de production et de transformation respectueux de l’environnement. 

  • Respect et Amélioration des conditions de travail. 

  • Promotion de l’utilisation de fibres biologiques.

  • Interdiction d’utiliser des produits chimiques toxiques pour la santé.

Critères environnementaux

Pour obtenir la certification Gots biologique, les produits textiles doivent se composer au minimum de 95%de fibres biologiques certifiées. Toutes une liste de produits chimiques toxiques pour l’environnement sont interdits comme les métaux lourds toxiques, le PVC, certains solvant, …. Ces composants sont polluants et peuvent se retrouver dans les eaux et les sols, dérèglant les écosystèmes. Sont interdits aussi les OGM.

Ensuite chaque opérateur doit suivre une politique de minimisation des déchets et des rejets qu’il produit comme les eaux usées en particulier. Et enfin, il y a un contrôle sévère des emballages, y compris les papiers, cartons étiquettes qui doivent être recyclables.

Critères sociaux

Un liste d’exigences sociales doit être respectée, elle comprend notamment:

  • Elimination du travail forcé

  • Liberté syndicale et reconnaissance du droit de négociation collective

  • Amélioration des conditions de travail

  • Abolition du travail des enfants

  • Suffisance des salaires

  • Horaires de travail décents

  • Abolition de la discrimination

  • Régularité d’emploi

  • Abolition du traitement brutal et inhumain

Critères sanitaires

Des composants toxiques pour la santé, utilisés couramment pour les colorations ou l’impression et qui sont classés comme cancérigène ou perturbateurs endocriniens….sont interdits.

Des qualités techniques des tissus sont demandées pour assurer leur bonne qualité et bonne durabilité.

  • Résistance au frottement

  • Résistance à la transpiration

  • Résistance des couleurs

  • Résistance au lavage

  • Résistance au rétrécissement

Le processus de certification comprend une série de test effectué tout au long de la fabrication d’un produit textile, des contrôles qualité, des étude de traçabilité. Et la certification est donnée pour 1 an et le renouvellement s’effectue par le même procédé.

En conclusion, on peut dire que les exigences GOTS sont les plus complètes dans l’univers textile. Il permet aux consommateurs de s’assurer qu’un textile est responsable, durable, sain, et fabriqué dans des conditions de travail décentes.

 

Comment la tradition de la soie a-t-elle évolué à Lyon au fil des siècles ?

Lyon, capitale historique de la soie

Lorsque l’on évoque cette ville, on pense souvent à sa gastronomie, ses traboules ou encore ses célèbres Lumières de décembre. Mais il est un autre trésor qui a façonné son identité depuis plus de cinq siècles : la soie. Introduite sous François Ier au XVIᵉ siècle, elle fit de la ville la véritable capitale européenne du tissage. Très vite, des milliers d’artisans se spécialisèrent dans cet art raffiné et donnèrent naissance à un savoir-faire unique au monde : la soierie lyonnaise.

Un héritage façonné par des acteurs passionnés

Si les Canuts, ouvriers tisseurs de la Croix-Rousse, sont sans doute les figures les plus connues, une vaste chaîne de métiers ont fait la grandeur de la soierie lyonnaise. Autour d’eux travaillaient les filateurs, qui transformaient les fils, les teinturiers, qui donnaient aux étoffes leurs couleurs éclatantes, ainsi que les fabricants, véritables entrepreneurs de la soie qui organisaient la production et la commercialisation.

Cette activité n’a pas seulement marqué l’histoire culturelle de la ville : elle a façonné son développement économique et social. L’industrie de la soie a contribué à l’essor des banques lyonnaises, indispensables pour financer un commerce international exigeant, mais aussi au développement de la chimie, née des recherches sur les teintures et les apprêts. Elle est également à l’origine de la création des Prud’hommes en 1806, l’une des premières juridictions sociales en Europe, destinée à réguler les conflits entre ouvriers et employeurs.

Dans ce contexte bouillonnant, cette ville devint un foyer d’innovation. L’exemple le plus marquant reste l’invention du métier Jacquard au début du XIXᵉ siècle. Grâce à un ingénieux système de cartes perforées, il permit de tisser plus vite, plus finement et avec une variété de motifs inédite. Une révolution technique qui renforça la place de Lyon comme capitale mondiale de la soie et inspira plus tard les prémices de l’informatique.

La soie n’était donc pas seulement un tissu de luxe : elle fut un moteur décisif dans la construction de l’identité industrielle, économique et sociale de cette ville.

Combien de types de fibres de soie naturelle existe t'il?

Il existe globalement 4 types de fibres de soie naturelle.

1) Soie Eri: Produite par Samia Racini ou Samia Cynthia se nourrissant de ricin. Domptée. Couramment produite dans le nord-est de l'Inde et dans certaines régions du Japon, de Chine et de Thaïlande. De couleur blanche, elle présente un aspect laineux et cotonneux une fois filée, notamment la soie Ahimsa.  

2) Soie Muga: Produite à partir de la soie d'Antheraea Assamensis qui se nourrit des feuilles aromatiques de la plante soalu. Semi-domestiquée. Produite exclusivement dans la région d'Assam en Inde, son approvisionnement est donc limité. Très brillante, d'un éclat intense et d'une couleur dorée qui s'intensifie avec le temps. Bonne absorption des rayons ultraviolets (85,08 %) - excellente protection solaire pour la peau. Très prisée pour la confection de vêtements traditionnels de la région.

3) Soie Tussar (également appelée soie Tasar ou soie Vasna): Produite à partir de la soie sauvage indienne (Antheraea paphia / Antheraea mylitta D.) qui se nourrit des plantes Asan et Arjun. Produite dans les districts de Bilaspur, Champa et Raigarh, au Chhattisgarh, en Inde. - La fibre naturelle présente une gamme de couleurs allant du beige jaunâtre au brun. Elle produit un bruissement lorsqu'on la froisse. Elle se froisse facilement, surtout au contact de l'eau. Sa particularité réside dans son aspect irrégulier et sa texture grossière et rugueuse.

4) Soie de mûrier: Produite à partir des feuilles du mûrier (Bombyx mori, domestiqué, ou Bombyx mandarina, sauvage, moins rentable commercialement). Principalement produite en Chine (82 % de la production mondiale), l'Inde (15 %) et 22 autres pays se partagent le reste de l'offre mondiale. La soie de mûrier est très prisée pour ses fibres longues (jusqu'à 1,6 km), sa couleur ivoire pure, son lustre riche, son uniformité et sa douceur au toucher. Elle représente environ 70 % de la production mondiale de soie. Poursuivez votre lecture pour en savoir plus sur cette magnifique soie et son classement. Toutes les soies ne se valent pas.

Outre ces soies, il en existe d'autres moins répandues comme la soie Anaphe, la soie d'araignée, la soie Coan, la soie Ahimsa, la soie artificielle (soie de bambou) et la soie Fagara. Toutes ces soies sont de qualité inférieure à la pure soie de mûrier en termes d'aspect, de lustre, de toucher et de couleur.

La soie de mûrier est reconnue dans le monde entier comme la soie de la meilleure qualité.

La production de soie repose sur l'élevage de vers à soie se nourrissant des feuilles du mûrier. La soie la plus réputée est obtenue à partir des cocons des larves du ver à soie du mûrier, Bombyx mori. Ces vers se nourrissent de feuilles de mûrier avant de tisser un cocon constitué d'un long fil de soie.

Selon la Commission internationale de sériciculture, 70 à 90 % de la soie produite chaque année est de la soie de mûrier.

La soie de mûrier brute de la plus haute qualité est pratiquement exempte d'impuretés.

En tant que connaisseur de qualité, vous pouvez choisir la soie de mûrier, mais la question se pose alors de savoir comment déterminer la qualité, et c'est là que la qualité de la soie entre en jeu.

Les Nouvelles Technologies au Service de la Soie

Les innovations technologiques ont également contribué à faire avancer le secteur de la soie en France. Des entreprises utilisent des techniques de pointe pour améliorer la résistance et la texture des tissus de soie, tout en conservant leur douceur et leur brillance naturelles. De plus, la recherche et le développement dans le domaine de la soie permettent de créer des tissus innovants aux propriétés uniques.

La Soie Connectée : Une Révolution dans l'Industrie Textile

Une des dernières tendances dans le secteur de la soie Made in France est l'émergence de la soie connectée. Grâce à l'intégration de technologies intelligentes dans les tissus de soie, il est désormais possible de créer des vêtements et des accessoires interactifs. Ces innovations ouvrent de nouvelles perspectives dans l'industrie textile, offrant aux consommateurs des produits à la fois élégants et fonctionnels.

En conclusion, le secteur de la soie Made in France continue d'évoluer grâce à des innovations constantes. De la qualité et la durabilité des produits à l'intégration de technologies de pointe, la soie française reste à la pointe de l'industrie textile. Restez à l'affût des dernières tendances pour découvrir les prochaines révolutions dans le monde de la soie.

 

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